CILAOS – Nicolas Bonin

Un carnet de bord qui nous prouve que les frontières des Univers Alternatifs sont larges et complexes, barrières invisibles entre le rationnel et l’impossible.

Résumé de l’auteur :
« Pour certains, « Cilaos » signifie « le dernier refuge », pour d’autres, c’est « le lieu dont on ne revient pas ». Repliés depuis treize ans dans ce cirque au coeur de La Réunion, les derniers humains craignent la Zamale, un mal mystérieux qui ne touche que les mammifères. Malgré la peur, chacun tente d’oublier un passé douloureux, jusqu’au jour où le jeune Ulysse décide de remonter le fil de sa mémoire… »

Le premier chapitre est constitué en grande partie des souvenirs d’un rêve. Le petit garçon se confit dans son journal, oubliant parfois de détailler certains éléments. Cela rend cohérent son témoignage mais brouille la vue du lecteur.
Le deuxième chapitre amène les personnages, les lieux et le contexte géographique de la maison du narrateur. Rien n’indique autre chose qu’une île…(La Réunion, précisée dans le résumé). Mais a-t-on besoin d’en savoir plus ?
Le troisième chapitre augmente la tension qui se ressent depuis le début de l’histoire.
Les hommes ont peur. Peur de bêtes… Le résumé nous aide à comprendre qu’elles doivent être malades.
Mais la question devient rapidement autre chose.
Ont-ils peur d’une réalité ou n’est-ce qu’une excuse pour ne plus franchir leur propre frontière ?

Cette histoire se ressent comme une pluie ou comme un conte africain.

Attention je parle un peu plus en détail des trois premiers chapitres (même si je ne décris pas les évènements, je le fais à ma façon).⤵️

Cllaos est cet état avant la pluie.
L’humidité pointe le bout de son nez, alourdissant l’atmosphère. De fines gouttes s’immiscent jusqu’à vous, distillant ça et là quelques informations pour vous prévenir qu’elle arrive.
Le rythme s’intensifie au moment où le lecteur rentre dans la deuxième partie. Les flaques d’eau au sol indiquent par relief plusieurs prénoms, beaucoup. Trop peut-être…
Après avoir slalomé dans ce nouveau monde dont les frontières semblent encore flou, la pluie écrasante s’abat.
L’orée du forêt offre alors l’abris rêvé au jeune narrateur qui se livre au lecteur comme dans un journal de bord.

Nous voilà donc rassuré, au sec, prêt à continuer l’épopée quand la forêt si rassurante se transforme en cet terrifiante et sombre inconnue.
Au loin, la créature fantasmée et terrifiante que l’enfant narrateur redoute.

Petit spoil, on ferme les yeux et on passe à la suite si on veut 🙆‍♀️
La course folle pour sortir des griffes de cette ancienne amie – la forêt – nous fait alors perdre le fil des pas de petit homme.
Dehors, son père le surprend en choisissant de fuir plutôt que d’aider la soeur du narrateur, sûrement dans les griffes de la vile créature habitant la forêt.
On sent que cette créature aperçue dans la forêt implique bien plus de choses…

L’auteur a une écriture poétique, mystérieuse (quasiment mystique)… C’est une oeuvre décalée et originale… J’ai hâte de voir comment un tel lyrisme tient en longueur.

Le texte est noté sur la plateforme à 5/5. Bravo à l’auteur.
Personnellement (vous le savez déjà, j’attends 10 chapitres.)

Laisser un commentaire