CHAPITRE 1.

Voilà le premier jet de mon histoire-défi.
Elle se découlera en un roman si mon Timo vous plait.

TIMO

Timo avance seul. Difficilement. D’une démarche chaotique. 

Il rumine depuis plusieurs jours les réflexions des autres jeunes du centre. 

— Timo. Ce n’est pas un prénom ça, a craché Xiang. 

— Je trouve ça trop moche, a insisté l’un des plus vieux du groupe.

Timo, nouveau et timide n’a pas osé se défendre. Surtout qu’ils sont observés par les surveillants. Ne pas créer de problème, c’est ce qu’il a toujours fait. A la place, il a fui. La mort dans l’âme. 

La petite Nian ne l’a même pas défendu. Elle avait pourtant l’air de l’apprécier les premiers jours. 

— Regarde maman, c’est le nouveau… Il a un nom bizarre… Timo je crois ! 

Il ne regarde pas le petit garçon dernière l’immense vitre. Il sait déjà qu’il a les yeux grands ouverts, émerveillé. Son visage rond lui fera faire une grimace pour lui ressembler et il partira avec une réplique de Timo, en peluche sous le bras. Parce que le vrai Timo, on ne l’aime pas. 

Penaud, il rejoint l’endroit que les deux hommes en blouse verte lui ont attribué. Ils ont décoré l’espace de morceaux quasiment fanés de feuilles de bambous et d’écorces d’arbres. Il a l’impression de dormir dans un cimetière. 

Il aimerait bien sortir la nuit pour se lover dans le parc, mais ils l’enferment avec une grille en métal. 

Elle est résistante, il a eu beau appuyer de tout son poids sur les barreaux, rien n’a cédé. Ensuite, il a tenté d’arracher les feuilles sur les murs pour leur faire comprendre qu’il n’aimait pas ça. Mais une de ses petits griffes s’est ouverte dans l’énervement.
Une feuille de bambou coincée entre les deux morceaux.

Il s’est débattu jusqu’à se recroqueviller dans un coin, en léchant sa patte pour se défaire de cette saleté de végétaux. 

Mort de fatigue, il est tombé sur le côté, en boule.

Son réveil a été identique à ceux d’avant. Un homme qui tape dans un récipient en métal. Des petites voix niaises. Et le soleil artificiel qui envahit la cage. 

Il s’est mis debout et a attendu près de la porte. Quand elle s’est ouverte, il a tout de suite couru à l’extérieur pour rechercher ce qu’il cherche encore. 

Une pousse. Fraîche et jeune de bambou. Zoey, lui en amène chaque matin. Même si l’air est plus frais ici, il est persuadé qu’elle n’a pas pu l’abandonner. Qu’elle est encore là, dernière les vitres à l’encourager silencieusement. 

Il fouille sous cet amas blanc qu’il ne reconnait pas. Ses coussinets se contractent et une sensation nouvelle traverse son pelage. 

Il tremble… Mais sans avoir peur. 

Il a l’impression que sa peau se tend et bouge à cause de quelque chose.

La tête lui tourne et il tombe sur le côté quand les deux hommes qui l’ont mis ici, se ruent vers lui.

Ses petits yeux se ferment et il cale son museau contre ses deux pattes avant, dont le contact lui procure un froid nouveau. 

3 commentaires

  1. Ma curiosité après la lecture de ton livre m’a poussé à visiter ton blog et voilà que je tombe sur cette petite perle.

    En seulement quelques lignes, tu as réussi à me mettre la larme à l’œil. La solitude de Timo et son rejet m’ont littéralement poignardés. Tout comme pour Julia de l’Interne, tu arrives à créer un lien entre ton lecteur et ton personnage relativement vite en faisant appel à ses sentiments. Timo a d’ores et déjà gagné mon cœur.

    Je ne peux que t’encourager à écrire la suite !

    1. Merci pour ta lecture (double) et ton retour sur ce début de roman. La suite (petite) est arrivée aujourd’hui. Et je vais accélérer la publication du reste pour garder une fluidité dans la parution. Je suis heureuse que Timo ait gagné ton coeur. En espérant que cela continue !

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